Médias : innovez ou vous coulerez
1 avril 2009
Par Chris Powell
C’est ce que croit le président d’une des plus importantes entreprises nord-américaines d’affichage.
Hier, à une table ronde sur les médias tenue dans le cadre du colloque «2020 Vision» du Canadian Media Directors’ Council (CMDC) à Toronto, le PDG de Zoom Media, François de Gaspé Beaubien, a affirmé que les industries médiatiques «vivaient présentement L’aventure de Poséidon».
«Je crois que les personnes qui savent innover vont quitter ce bateau et s’en sortir», a-t-il imagé devant quelque 700 professionnels. «Mais beaucoup vont se ramasser au fond de l’océan.»
Pointant l’industrie des journaux, il a aussi lancé que certains éditeurs «se cramponnent à la veille façon de fonctionner», à une époque où les consommateurs ont pourtant plus de pouvoir et de choix que jamais.
Ce à quoi l’ancien dirigeant du Toronto Sun et maintenant président et chef de la direction du National Post, Paul Godfrey, a rétorqué que les journaux imprimés continueraient d’exister.
«Contrairement à ce que plusieurs pensent, les journaux ne sont pas voués à s’éteindre, en tout cas moi, je n’y crois pas», a-t-il dit, s’appuyant sur les récentes données du NADbank selon lesquelles le lectorat des journaux est resté relativement stable au cours des cinq dernières années.
Certes, les journaux font face à de grands défis et doivent reconnaître l’importance de la publication en ligne, reconnaît Paul Godfrey. Sauf que ce sont tout de même eux qui génèrent une grande partie du contenu qui se retrouve sur Internet, à la télévision et à la radio. Ils se transformeront, c’est «certain», mais ils ne mourront pas.
«Je n’aurais pas accepté un poste récemment au National Post si je n’avais pas cru en sa survie ni en la capacité des journaux de prospérer.»
Pourtant, avec 11 heures de contenu versé sur YouTube chaque minute, a alors fait remarquer le modérateur, Scott Cuthbertson, de TD Newcrest, les nouveaux médias sont en train de supplanter ceux traditionnels. «Oui, il y a des trucs inutiles là-dedans, mais il y en a des formidables aussi.»
Quand on lui a demandé de quelle façon les médias traditionnels pouvaient contrer la migration des lecteurs vers Internet, Keith Pelley, ancien président de TSN et actuellement à la tête du Consortium médiatique canadien de diffusion olympique, a répondu que les grands événements comme les Jeux Olympiques de Vancouver et le gala des Juno, vu par 1,3 million de téléspectateurs à CTV dimanche dernier, allaient toujours attirer un auditoire.
M. Pelley a aussi fait valoir que le Consortium – avec son arsenal médiatique, qui comprend des télés traditionnelles comme CTV et la chaîne multiculturelle de Rogers OMNI Television, des chaînes spécialisées comme RDS et Sportsnet, les chaînes radios de Rogers, de même que The Globe and Mail et ses sites Web partenaires –, proposait une portée beaucoup plus grande que celle du diffuseur précédent (CBC/SRC), ce qui ne manquera pas d’attirer les annonceurs.
«Si CBC était une maison, nous sommes un village, a-t-il dit. Là où ils offraient une seule boule de crème glacée, nous en offrirons quatre, et de différentes saveurs.»
Il a aussi précisé que le Consortium avait déjà conclu 14 ententes avec des annonceurs – et triplé les revenus publicitaires que CBC avait engrangé avec les Jeux de Beijing.
Originally published in Marketing Magazine, April 2009
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